Un an après les moments les plus difficiles de ma dépression je donne l’impression d’avoir tournée la page. J’ai presque l’air heureuse, on ne me voit plus ni pleurer ni détruire mon corps en ingurgitant tout ce qui me passe sous la main. Pourtant, je suis toujours dépressive, fragile et boulimique. J’ai juste trouvé le courage de faire semblant, semblant pourles autres, semblant pour moi, question d’orgueil… Mais j’ai toujours aussi peur, je passe encore des nuits à me demander ce que je vais devenir. Souvent, seule dans mon lit, je pleure, sans raison, juste histoire de me vider de ce trop plein d’émotions. J’ai l’impression de me bouffer de l’intérieur à force de tout garder pour moi, je meurs en dedans.      

    Je sais que j’ai besoin d’aide mais je ne me résouds pas à en demander, j’ai tort. Depuis le début je repousse toutes les mains qu’on me tend: les médicaments que j’ai fais semblant de prendre pendant des mois, le psy à qui j’ai affirmé que non je n’avais jamais pensé au suicide, mes proches à qui je répéte que tout va bien.

     La seule personne à qui j’ai réussie à parler de mon mal être m’a écoutée patiemment, m’a redonné espoir puis, m’a quittée. Avec le recul je me sens ridicule, je l’ai fait fuir avec mes histoires, j’éspére qu’un jour il me pardonnera. Cela me conforte dans mon idée de ne rien dévoiler de mes états d’âme à ceux que j’aime. Rien de ce qui m’arrive n’est de leur faute… Quelqu’un que j’admire énormément m’a un jour dit « On croit toujours que notre bonheur dépend des autres et des événements de la vie, mais c’est faux, nous sommes les seuls acteurs de notre existence et de notre réussite. ». Je commence enfin à comprendre à quel point c’est vrai, premier pas vers la félicité?

20 juin 2006